Les béninois qui vivent inutilement et qui sont poursuivis par l'inutile...

Desert

Situation de départ:

Ulrich Gédéon Minkoukou-Yédomon est  un jeune étudiant béninois en troisième année de Licence à " ISM Taglo mayi". Actuellement âgé de 24 ans, il est né à Cotonou , et y réside depuis son premier cri (naissance)  jusqu'à (moi) mon actuel cri (détresse). Il est le petit-ami de mon ex-meilleure amie de filière Marie-Rubi Azéwè. Me sachant être le petit chouchou de Marie-Rubi avec qui je m'entends toujours bien , le jeune Minkoukou-Yedomon me demande ce qui pourrait faire plaisir à sa petite-amie Marie-Rubi. Je lui réponds exactement ceci :

- " Huumm. Voyons voir ! Ma chère Marie-Rubi aime connaitre son pays. Je te propose - vu que tous deux êtes en congés de Noel - de l'amener à Ouidah".

- Ouidah? mais je ne connais nulle part au Togo et je ne connais pas Ouidah.

 

Mais où sommes-nous?

Chères amies, chers amis, je vous promets que je suis anéanti, réduit, détruit, fini, démoli, dévoré, abimé, esquinté, démantibulé, déprécié, démoralisé, néantisé, scandalisé,  choqué, traumatisé, traumachoqué de cette réponse dont j'aimerais condamner l'auteur à une peine de réclusion criminelle pour crime grave...Si jamais le Président de la République du Bénin, apprenait ça, croyez-moi, il enclencherait une procédure de déchéance de sa nationalité.

Alors, pourquoi cet article, pour que vous ouvriez vos yeux.

Le Bénin, ce n'est pas seulement Cotonou et " Cotonou, ce n'est pas le Bénin",  mais "Cotonou, c'est juste dans le Bénin". Vous jeunes, sortez un peu s'il vous plait, cela va de votre santé aussi. Vous croyez être les premiers des béninois pour être nés à Cotonou ( et ne voulez connaitre nulle part ailleurs hors de Cotonou), croyez-moi, vous vivez inutilement.

Certains me diront qu'ils n'ont pas les moyens de sortir, mais Ouidah, c'est à côté, aller-retour 800f et si tu marchandes bien, tu peux trouver taxi aller -retour  300f. Où allez-vous trouver les sous? Mais ce sont les mêmes sous qui vous permettent d'acheter du chawarma. Mais où sommes-nous? Comment pourriez-vous parler de vous, de vos origines, de votre pays ailleurs ( pour ceux qui sont de l'extérieur ou à l'extérieur) si vous n'en savez vraiment rien? Vous perdez beaucoup de choses et peu de choses vous perdent. Qu'un béninois, sauf maladie mentale, demande si Ouidah est au Bénin, mais c'est vraiment traumachoquant !

La vie béninoise, ce n'est pas seulement à la Haie vive, ou à Cadjehoun. Ce n'est pas seulement en vous asseyant chez Karim 24, les pauvres pieds tendus, soutenant un corps dont la poitrine n'est rien d'autre qu'une poitrine maigre de célibataire,  attendant étant en face de la pauvre fille de Calavi-Zogbadjè, tous deux avec vos deux petites têtes de pauvres cons de Calavi-Cotonou, que vous avez vécu au Bénin...Si vous ne faites que ça, alors mesdames, messieurs,  vous vivez inutilement et l'inutile vous poursuit et vous poursuivra jusqu' à votre mort...On ne vit pas que par la bouche...

Ce que vous ignorez, ou que je dis et que vous tentez d'ignorer, c'est qu'à Cotonou, il n' y a rien à part les puisards de Zongo,  les voleurs de Dantokpa et les mendiants de la place des martyrs. Vous ne voulez voir que ça? sortez un peu, allez à l'intérieur du pays. La vraie richesse, c'est dans les villages, les plus belles architectures, c'est dans les villages,  les plus belles représentations du Bénin, c'est dans les coins reculés hors de cette maudite Cotonou: les tata somba, les chutes de Tanougou, les mamelles des collines. Sortez découvrir la source de Possotomé, la poterie de Sè (pour ceux qui ne savent jamais rien de rien, Sè, Possotomé, c'est au Mono, et Mono, c'est au Bénin hein), le mignon lac ahémé, ohlalalalal, rien que de magnifiques choses. Quand je reviens des cours à l'Université, j'ai envie de voir autres choses que ces putains maisons à étage autour desquelles gravitent des pauvres mecs dragueurs attendant les pauvres jeunes filles célibataires de droit et non de fait (...) non, j'ai envie de voir autre chose, j'ai envie de contempler la verdure, l'eau douce, tout tout tout, fatigué d'inhaler de la fumée noire ou bleu ciel.

Le Bénin, (et tout comme tout autre pays) on l'aime plus quand on sort, quand on découvre d'autres zones qui en sont au tréfonds. Je voudrais m'adresser à quelques catégories d'individus...

1- Ceux qui refusent les balades sur l'eau parce qu'ils ont peur de l'eau...

Vous avez peur, vous avez peur. Et si tous les pêcheurs étaient gros pusillanimes comme vous, qui iraient pêcher des mignons poissons, ces mignons et doux poissons que vous avaliez dans votre grande et grosse gueule de loup à " Chez Léa" à Ganhi? Vous avez peur de l'eau, mais vous vous douchez ou pas? vous me direz que ce n'est pas la même chose, mais si vous tombez pas le lac, vous allez sortir, tout s'apprend, encore que le lac, c'est comme vos putains de piscine...Ce que vous ne devrez pas ignorer, c'est que vous pouvez aussi " y rester "...Si vous y tombez et vous n'en sortez pas, et bien c'est votre destin.

2- Ceux qui n'aiment pas (ou qui n'aiment plus plus) leurs villages...

Ceux qui quittent leurs villages après le BEPC, le BAC (pour les études), qui, après, trouvent du boulot et oublient leurs terres, celles par la force desquelles ils sont arrivés à ce niveau où ils sont aujourd'hui,  ça diminue quoi en vous d'y retourner souvent? Ceux qui n'aiment pas retourner saluer leurs familles au village,voir leurs grands-mères ou grands-pères,  avançant souvent un argument principal: " je ne veux pas être mangé ", vous êtes mauvais...C'est de l'ingratitude basée sur la sorcellerie (hihihihi). Il se passe quoi au village? Monsieur, n'est-ce pas là que tu as grandi? si ton destin passe par le " mangement", c'est-à-dire qu'un membre de la grande famille ou un proche va te manger, c'est que ça devrait arriver, mais dans ce cas, personne ne t'a mangé, Dieu t'a juste rappelé...

Il y en a qui disent qu'ils n'aiment le village parce qu'ils sont cotonois. Où est le lien? Si chacun allait rester dans son coin, comment mangeriez-vous?

3- Ceux qui, pour les vacances, quittent juste Gbegamey pour Sainte Rita, ce n'est pas de la vacance, c'est du footing...c'est à dire vacances maplor...

Et souffrez que je vous dise quelque chose: les vacances, ce n'est pas quitter Gbegamey pour Sainte Rita, ou quitter  Calavi Zogbadjè pour Calavi Bidossessi. Awo tcho! quelle misère !c'est quel genre de vacances ça? vacances maplor.Sortez un peu ! Si vous vous réclamez être béninois comme moi sans avoir pris par là, ah là, je dis non, je ne vous connais pas...Il y a beaucoup de choses qui se passent dans les villages. Hum, je ne vous dis pas, mais je vous le dis. Ce que j'aime au village c'est quand vous devrez attraper les deux poulets pour le 25 décembre...Huuum...et quand maman dit que c'est le garçon qui va les égorger, huuum, moi pas tuer poulet...A cototou, c'est maison à étage, tu vas attraper poulet où? si ce n'est pas poulet drogué du brésil que Cajaf comon nous importe là...

Il ne faut pas que nous oublions notre identité.  Le Bénin ne se limite pas à Cotonou et le Bénin n'est pas l'égal de Cotonou. Notre appartenance éthique, régionale est notre carte d'identité et nos villages, les champs, et tout ce qui y inhérent est tout simplement magnifique...

 

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